« I’m gonna put America back on the track ». J’entends encore aujourd’hui résonner cette phrase en moi depuis la première fois où, au clair obscur d’une nuit glacée à Tananarive, RFI rapportait le discours du fraîchement investi candidat démocrate à la présidence états-unienne, un certain 27 août 2008. L’enthousiasme irradiant délivré au son de la verve unificatrice de Barack Obama (BO) traversait par une incoercible énergie les ondes radiophoniques de Washington jusqu’aux hautes terres de l’Ile Rouge. L’espoir venait de naître. La révolution était en marche.

Deux mois plus tard, Barack Hussein Obama, fils de l’union des cultures, fruit de l’audace et de la détermination, enfant de l’Histoire, accédait à la magistrature suprême des Etats-Unis d’Amérique. Son élection faisait ainsi mentir une large frange des commentateurs et imprécateurs de France, où une idéologie péremptoire, une quasi-mode d’anti-américanisme primaire s’était développée depuis l’ère Bush. Le peuple américain venait de réaliser ce que celui de France ne semble pas prêt, encore à ce jour, ne serait-ce qu’à imaginer. Elire un président noir.

Et depuis ? Voilà un an aujourd’hui que BO a été élu. Aux responsabilités effectives depuis le 20 janvier 2009, jour de son investiture, soit un peu plus de neuf mois, que dire, que penser de son action ? Des avancées, des difficultés également, mais aucune volte-face. La crise du capitalisme dégénéré est passée par là. De plus, le conflit irsaélo-palestinien, l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, l’environnement se révèlent des sujets épineux à la complexité croissante. Et la marge de manoeuvre dont jouit le jeune prix Nobel de la Paix s’avère étroite.

Laissons lui le temps. Que ses détracteurs s’empressent dès aujourd’hui de brailler sans briller par leur zèle politico-idéologique sur plateau médiatique, c’est leur droit. Les esprits sages et raisonnés savent qu’il est inutile de jeter l’anathème sur un espoir en marche. Le président Obama n’est ni un magicien, ni le chamane providentiel de tous les maux de notre monde. Quatre ans c’est court pour remettre un pays sur la voie du progrès. Il ne serait pas inutile que les censeurs ampoulés de notre société de l’instantané et du retour sur investissement immédiat, se parent des sages vertus de la patience. Pour une fois. Au moins jusqu’à la mi-mandat. Rendez-vous pris en janvier 2011.

Pour conclure, en clin d’oeil au premier anniversaire de l’accession de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, je vous propose un poème que j’ai écrit le lendemain de son élection, le 4 novembre 2008.

E Pluribus Unum (ou 4 Novembre 2008)

Des frissons ardents de la nuit euphorique,
L’instant se grave à jamais dans l’écho de l’Histoire.
L’espéré devenu désormais est et sera. Epique
Et ultime acte civique couronné de victoire.

Martin, Marcus, Malcom, Jesse et Rosa,
Parents d’un rêve, pionniers d’un chemin
Qu’a suivi et sublimé l’enfant Obama,
Le feu de votre lutte n’a pas été vain.

Le Temps a accouché, serein, lyrique et fier,
A rebours du flot d’éternels cyniques hérauts
De l’humanité transcendée que les Pères
Ont semée en les veines citoyennes d’héros.

Libre alors aux belliqueux hébétés tortionnaires
De sourire aux savants humanistes politiques
Du Vieux Continent, qui, au vitriol encore hier
Les gratifiaient de fidèles et ineffables critiques.

Le 5 novembre 2008