Quand le Haboob passera

Mosaïque de masures martyrisées,
Torréfiées pour le salut de la haine.
Or azuré, grisé, du puits empoisonné,
Murs calcinés vernis de couleur veine.

Les grands oiseaux blancs ont hier
Dardé leurs dragées mortifères. Banal
Cirque à l’agonie, nettoyé au son clair
Des démoniaques gâchettes à cheval.

Le Haboob viendra enterrer l’âme
Naufragée des cendres cramoisies.
Au lointain, des réfugiés du vacarme
Rugissant gémissent déjà de l’oubli.

Partout, sur ce four à ciel ouvert
Les cœurs innocents sans cesse
Brûlent lentement dans les cratères
De l’enfer lunaire à l’éteinte sagesse.