L’information est tombée ce midi. Barack Obama, premier président noir des Etats Unis s’est vu décerner le prix Nobel de la paix 2009. Surprise pour beaucoup de commentateurs. L’intéressé, qui a appris l’heureuse nouvelle de la bouche de sa fille, s’est lui-même dit « étonné et touché » de cette récompenx3xn0o6qse.

La question qui agite la communauté Internet et l’opinion publique internationale est simple: le président Obama mérite-t-il réellement les lauriers pacifistes ?

En observant les grands artisans de paix nobélisés pour avoir  accompli, parfois au péril de leur vie, des actions qui ont changé l’Histoire, on peut légitimement s’interroger sur le bilan comptable à ce jour du 44è président américain. La question est d’autant plus saillante au regard du fait que le pays dont il est à la tête se trouve engagé dans deux guerres concomitantes en Afghanistan et Irak.

Pour autant, on peut poursuivre le questionnement en se demandant si un président d’une telle puissance a jamais réussi à accomplir des miracles après seulement quelques mois d’exercice du pouvoir… La tâche paraît rude en effet. Rappelons tout de même qu’Obama a, depuis son élection, donné un nouvel élan à l’Amérique.

Il a pris la décision de fermer les geôles de Guantanamo, il a tenu en juin dernier au Caire un discours qui tend la main au monde musulman après les années de brouille sous l’ère Bush. Il est également à l’origine d’une tentative pragmatique de dialogue avec l’Iran et s’engage par ailleurs courageusement en faveur d’une révolution verte. Agir de la sorte en matière d’environnement lorsque qu’on dirige un pays où la voiture est reine est aussi un signal fort en faveur de la planète, du bien-être des peuples et de la paix entre ces derniers.

Des résultats peu visibles sur l’ardoise dirons certains. Mais pourquoi se borner à considérer que le Nobel devrait récompenser exclusivement des personnes pour leurs travaux ou actions effectivement réalisés ? Lech Walesa n’a-t-il pas reçu le prix Nobel de la paix en 1983 ? Et pourtant son action n’a-t-elle pas été essentielle par la suite  jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989 ?

Barack Obama le reconnaît lui-même: « Pour être tout à fait honnête je n’ai pas l’impression de mériter de me trouver aux côtés de tant de figures qui ont reçu ce prix. » Mais de poursuivre « je reçois ce prix comme un appel à l’action ».

Gageons alors que ce Nobel soit pour l’administration Obama le catalyseur d’une véritable politique sincère et pacifiste des Etats-Unis dans ses nouveaux rapports avec le reste du monde… La tâche paraît énorme, le courage politique en décidera.