Les heaumes azurés

Rouillent les douilles de Mogadiscio
Sur l’asphalte évanoui de sable tapissé.
Le vent incandescent incinère du fléau
Les souvenirs des âmes de paix tombées.

Des rougeâtres mille collines de Kigali
Aux sylvestres dédales boueux du Kivu,
Du Sarajevo détruit au bouillonnant Haïti
Les heaumes azurés ont expiré partout…

Souvent impassibles témoins d’ignominies,
Parfois fossoyeurs de troubles et exactions,
Tantôt hommes éperdus en quête d’hallali,
Fantassins du grand machin aux déclarations.

D’aucuns vous disent gauches marionnettes
Sans jamais avoir connu le crépitement du feu.
Qu’il plaise aux plumes ampoulées et replètes
De se coiffer un jour du poids d’un casque bleu.