La corolle cisaillée

Les pores chauds transpirent le sang
Suintant sauvagement de ta jeune peau.
La peur happante transporte dans le vent
Les incoercibles échos du fracas des os

À demi vêtue de tissus moirés de rouge
Tu vas, geins, erres, hagarde, cisaillée
Et ta joie murée désormais seule plonge
Au tréfonds d’une anachorète inanité

L’odieuse souillure de ta fleur intime
Assénée par leur vile et fielleuse arme
Restera gravée en les entrailles anonymes
De ta féminité spoliée par leurs aragnes

À Kaniola, aujourd’hui terre déserte
Ton corps, champs de bataille abandonné
Demeure l’unique expression inerte
Rescapée du massacre des oubliés

Te sera-t-il à jamais possible d’aimer
Cette vie semée par le bourreau haineux,
Ange éclos des graines de Satan incarné,
Chaire innocente, fruit du peccamineux ?