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Clin d’oeil estival…

Poème écrit à la volée lui aussi. Décidemment !

Démodée, vieillie,  surannée la Poésie ? Qui oserait le dire, le croire ? Elle est ici, là, et même là-bas. Elle est partout, en chacun de nous. Dans notre aujourd’hui occidentalisé, on a parfois bien du mal à la voir. Pourtant, il suffit de si peu pour l’apercevoir, lui sourire. Et ainsi sourire à la vie !

La Poésie est universelle. Elle mérite bien un poème alors…

Jamais deux sans trois dit l’adage. Les deux derniers billets postés étant des poèmes, il en fallait bien un troisième ! En réalité, si c’est la poésie qui nourrit récemment les billets de ce blog, c’est parce que j’ai n’ai bigrement pas le temps d’écrire grand chose d’autre.

Le poème suivant est tout frais ! Il est le fruit d’une petite évasion de l’esprit alors que j’étais dans les transports en commun parisiens. La poésie est résolument un authentique voyage sur les terres fertiles de la liberté.

C’est le printemps depuis quelques jours !

Bientôt les mosaïques de couleurs à travers champs, dans nos jardins, à nos balcons et fenêtres. En attendant que cette fresque vivante s’offre à nous, je vous propose un petit poème de circonstance. Il faut le reconnaître, faute de temps, ces lignes ont été écrites une nouvelle fois à la volée.

La paix souffle sur ce jeune blog, c’est de bon augure ! J’en profite alors pour poster un poème sur ce thème que j’ai écrit le moisPACE dernier. La paix est un bien précieux, inestimable. Un trésor dont on ne découvre bien souvent l’infinie valeur que lorsqu’il est attaqué ou menacé. Parce que la paix est notre bien à tous, rappelons nous qu’il n’appartient à nul autre que nous de la préserver au quotidien.

Derrière la paix

La paix s’étiole partout où l’humain recule,
La paix s’épuise chaque fois que l’amour on accule.

Derrière cette paix, derrière notre paix, respirent…

L’étendard de la liberté entaché d’or noir
La croissance effrénée envoyant l’être au pressoir

Les mers évaporées en interminables déserts
L’asphyxie commanditée des poumons verts de la Terre

Les enfances volées, les enfants violés
Les femmes châtiées, les mères torturées

Les anciens, dits séniles, oubliés avant la mort
Et les humains, marchandises, simples faiseurs d’or

Les droits de l’homme piétinés, dévoyés
Le racisme, infatigable braise du rejet

La justice souillée, parodiée, emprisonnée
Les messagers de l’information finement muselés

La paix s’étiole partout où l’humain recule,
La paix s’épuise chaque fois que l’amour on accule.

Derrière cette paix, derrière notre paix, s’agitent…

La guerre des moi et la rhétorique du meilleur
Le culte de l’avoir comme source du bonheur

Le matérialisme dévorant les décennies de notre ère
Et les usines d’armes crachant avant de trouer la chair

Le fanatisme des esprits éclos de l’odieuse pauvreté
La soif du pouvoir qui annihile la Raison, condamnée

Le regard couard détourné devant l’indigence,
La politique de l’ignorance, la religion de l’indifférence

L’adoration sectatrice du néo-divin, Seigneur argent,
Les thuriféraires fiduciaires, apostats de la foi du Dieu aimant

Le sens de l’Histoire, qu’amnésiques volontaires, on oublie
Le futur des mémoires, que l’on dépose, ravis sur le tapis

La paix s’étiole partout où l’humain recule,
La paix s’épuise chaque fois que l’amour on accule.

Derrière cette paix, derrière notre paix, s’excitent…

Les railleurs de poésie, apôtres du platine et du velours
Les frasques prédatrices des hermétiques à l’amour

La verve acérée des détracteurs d’espérance
Les cols apprêtés des démiurges de la déshérence

Derrière la paix, une armée de fossoyeurs d’humanité
Lissent leur canon et affûtent leur baïonnette assoiffée

C’est pourquoi je veux et je vais crier à chaque heure
Et murmurer aux creux des oreilles de tous les cœurs

Que derrière la paix,

Il y a toi, il y a moi, il y a eux, en somme il y a nous,
Autant de loups si l’on oublie que l’Amour est Tout.

Le 18 septembre 2009

« À Cœurs battants » est un recueil de poèmes humanitaires que j’ai écrit en juin 2008. Le titre a été  choisi pour désigner chacune des personnes liées de près ou de loin à la thématique de  l’humanitaire : acteurs humanitaires, victimes des crises et populations récipiendaires de l’aide, bailleurs, donateurs… Autant de cœurs qui souffrent, soutiennent, instrumentalisent, et oeuvrent en faveur de la cause humanitaire.
A Coeurs Battants
Les premiers poèmes dépeignent certaines situations locales (le viol comme arme de guerre, les enfants dans les mines, le drame du Darfour). Le poème sur l’eau, rare, précieuse, convoitée, versatile, mouvante, fait une transition dynamique vers les acteurs qui tentent de répondre aux situations de crise ou de développement et à qui sont consacrés les poèmes suivants.

L’idée par la suite est de faire voyager le lecteur jusqu’à chez lui après l’avoir confronté aux réalités du Sud avec le septième poème sur le sens et l’impact du don du tout un chacun, mécène occidental.

Pour parachever la logique du recueil, il convenait de consacrer un poème final aux réalités des victimes des drames et guerres au Sud réfugiées au Nord et souvent marginalisées en France.

Bonne lecture à tous.

NB: si vous arrivez sur ce billet après une recherche à partir d’un site annexe et que vous souhaitez lire les poèmes du recueil, cliquez sur le tag « A Coeurs Battants » au dessus de ce billet ou bien sur la catégorie « Poésie / Poetry » dans la marge de gauche et descendez en bas de page.

La corolle cisaillée

Les pores chauds transpirent le sang
Suintant sauvagement de ta jeune peau.
La peur happante transporte dans le vent
Les incoercibles échos du fracas des os

À demi vêtue de tissus moirés de rouge
Tu vas, geins, erres, hagarde, cisaillée
Et ta joie murée désormais seule plonge
Au tréfonds d’une anachorète inanité

L’odieuse souillure de ta fleur intime
Assénée par leur vile et fielleuse arme
Restera gravée en les entrailles anonymes
De ta féminité spoliée par leurs aragnes

À Kaniola, aujourd’hui terre déserte
Ton corps, champs de bataille abandonné
Demeure l’unique expression inerte
Rescapée du massacre des oubliés

Te sera-t-il à jamais possible d’aimer
Cette vie semée par le bourreau haineux,
Ange éclos des graines de Satan incarné,
Chaire innocente, fruit du peccamineux ?

Mine d’enfants

Vues du ciel, des milliers de fourmis
Grouillent dans l’ocre ventre du Kasaï,
Telles des sangsues traquant la rouge vie
Rempart contre l’étisie, chère victuaille.

Au sol fangeux s’exécute la partition
Et les dos éprouvés des minots minés
Résistent aux assauts de la pâmoison,
Comme le crin harassé de l’archet.

Les petites mains du creuseur rongent
La terre que les épaules hypertrophiées
Du porteur supportent sans un songe
Jusqu’au tamiseur aux yeux acérés.

Les cuisses écartées des petits canetons
Soumis se noient au cœur d’une tragédie
D’enfants naufragés dans l’excavation
Des tombes de leurs tout jeunes amis.

Ce trésor à ciel ouvert éructe à foison
De minerais aux richesses chamarrées.
La mosaïque respire pourtant le poison
Des ruisseaux écarlates de sang versé.

Dépouillée d’un développement attendu,
Coffre-fort des puissants nordistes nantis,
Cimetière des jeunes âmes noires perdues,
Ô mine généreuse, pourquoi t’a-t-on avilie ?

Quand le Haboob passera

Mosaïque de masures martyrisées,
Torréfiées pour le salut de la haine.
Or azuré, grisé, du puits empoisonné,
Murs calcinés vernis de couleur veine.

Les grands oiseaux blancs ont hier
Dardé leurs dragées mortifères. Banal
Cirque à l’agonie, nettoyé au son clair
Des démoniaques gâchettes à cheval.

Le Haboob viendra enterrer l’âme
Naufragée des cendres cramoisies.
Au lointain, des réfugiés du vacarme
Rugissant gémissent déjà de l’oubli.

Partout, sur ce four à ciel ouvert
Les cœurs innocents sans cesse
Brûlent lentement dans les cratères
De l’enfer lunaire à l’éteinte sagesse.

octobre 2014
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