This poem is dedicated to the one who enabled me to get the muse. Thank you.

This poem is dedicated to the one who enabled me to get the muse. Thank you.

Aujourd’hui j’ai marché. Dans Paris j’ai erré. Aux côtés d’une amie, respirant l’air frais d’octobre, arpentant les artères toutes de touristes garnies, nous avons vogué sans but précis, sans chemin prédéfini. J’aime l’incertitude d’une balade, l’inconnu d’un croisement de rue, le mystère d’une avenue qui se découvre toute nouvelle à nous. J’ai vu les devantures achalandées, les vitrines rutilantes largement admirées. Et le consumérisme dans toute sa schizophrénique magnificience d’un dimanche finalement ordinaire.
Ordinaire, tristement ordinaire également la misère à même le pavé. Je ne les ai pas comptés. Non. Combien étaient-ils, hommes, femmes et enfants ? Sur le trottoir, en pleine rue, dans les couloirs de métro, ou bien au coeur même des wagons ? Assis, alongés, voûtés, cambrés, rabougris…? Esseulés ! Aucune idée. Nombreux, sera ma seule réponse. Mon à peu près…
Fantômes ou étrangers aux yeux des passants, du commun des mortels, voilà ce qu’ils étaient. Cette après midi. Comme celle d’hier. Et comme ils le seront celle de demain. Qu’ai-je moi-même fait ? Rien d’autre qu’un sourire. Mais ces ’seuls’ sourires additionnés me convainquent chaque fois un peu plus de l’impérieuse nécessité de refuser sans cesse l’inacceptable toléré. Par notre société, notre passivité, nos silences répétés. Refuser cette pauvreté qui tue. Cette conviction est mon combat, celui de ma vie.
Je vous partage un poème autour de l’indifférence face à la pauvreté que j’ai écrit en janvier dernier en souvenir d’un homme que je croisais régulièrement dans les rues d’Antananarivo, capitale de Madagascar, en 2008.
Une simple ombre
Sous l’unique ombre éculée d’une place arrosée de sourires et soleil
Respire esseulée, une âme effacée. Pas une hydre ne guette l’oubli
De cet invisible corps. Placide et inexorable scène dont le vermeil
Apparent, noie, la létale géhenne de l’être en âtre, sans parcimonie.
Sur cette silhouette fluette et figée, le temps semble s’être arrêté.
Telle une statue rabrouée, le pou restant n’espère plus ni salut
Ni dictame, pas même un résurgent feulement salvateur. Destin gavé
De fiels et d’humiliations. Homme au contre-jour d’une vie abattue.
Une coiffe poinçonnée couvre péniblement cette chevelure sinuée
Et dense. Robuste crinière aux tons noirs de guépards ardents,
Eraillée par le fardeau des ans et l’érosion de l’indigence asséchée.
Partout les longs crins gras, encrassés, se tapissent de filaments d’argent.
Entre les minces crevasses du voile argenté, se cachent, masqués
Sous de lourdes paupières, des yeux ahanés à demi ouverts.
Ces infimes échancrures libèrent alors l’intime regard d’angelet,
Dont la cornée timorée s’effrite sous les dards d’iris atrabilaires.
Fagoté de lambeaux de charité usés, ce corps malingre n’a pour seul
Abri que ces strates de tissus noirâtres scellées à sa peau saumâtre.
Imperceptiblement, les membranes de cette masure érodée, linceul
De l’intimité, se font refuge d’une dignité ravalée au pavé grisâtre.
Tête courbée, regard désespérément cloué en les entrailles d’un sol
Rugueux et sans reflet. Le cuir du soulier a fini de craqueler comme
Cette vie s’apprête à expirer, écartelée. Abject châtiment sans parole
Que d’être plongé dans l’infini gouffre de ceux qui ne se nomment.
L’écho des liards claquant sur la pierre ne résonne plus aux tympans
De ce pantin à avanie. L’anathème à l’isolement, miroir de la cécité
Humaine, affaisse la terre sous les pieds de l’homme citoyen sciemment
Rejeté. Sur la place enchantée, personne ne voit ni pense à l’éhonté…
Le 17 janvier 2009
Mercredi dernier, France 3 diffusait un nouveau numéro de l’émission Vu du ciel. Fidèle à son habitude, la série de reportages diffusés ce soir là a mis en lumière de façon limpide et raisonnée les dérives de notre société de consommation et ses tragiques impacts humains et environnementaux. Au rythme auquel nous dépouillons la nature de ses inouïes mais limitées richesses, la question sans cesse plus saillante et toujours plus incontournable est: sommes-nous prêts à réellement et structurellement changer tant notre vision de l’architecture économique mondiale que nos attitudes de consommation quotidiennes ?
Fonte des glaces, élévation du niveau des océans, disparition d’îles… Inutile d’aller plus loin dans la litanie des conséquences environnementales induites par notre système économique gargantuesque et sa logique du “toujours plus”. Le constat est simple: si l’on perdure de façon hébétée sur la voie du consumérisme roi, mathématiquement, l’avenir de l’Humanité n’est ni viable ni envisageable.
Pratiquer alors indéfiniment la politique de l’autruche pour assouvir nos désirs d’appropriation hypertrophiés et hypothéquer ainsi sciemment l’avenir des générations futures sera peut-être le plus grand crime contre l’humanité jamais commis dans toute l’Histoire de celle-ci. Nous sommes face à un choix implacable: nous réveiller dès aujourd’hui, ou bien abdiquer vers un endormissement à jamais. Car jouer les pompiers demain quand l’incendie aura gagné tous étages de la maison Terre sera bien inutile…
Avant de vous partager le poème “Prêt à consommer” que j’ai écrit il y a deux ans, je voudrais rappeler ce proverbe kenyan dont les mots sont inscrits sur le mur du hall du siège de l’UNICEF à New-York:
“Nous n’avons pas hérité de cette Terre de nos parents, elle nous a été prêtée par nos enfants.”
Prêt à consommer
Phagocytaire des produits estampillés « gaspis »,
Mère Société m’a créé et si tendrement fidélisé,
Prosélyte de la propriété, thuriféraire du pré carré.
De l’arbre démiurge productiviste, je suis le fruit.
Quand vient l’achat, je vis, j’ai, alors enfin, je suis !
Des chiffres par milliers en moi tourbillonnent,
Je consomme et je te consume, sans consonnes
Aucunes, « oui », je jouis lorsque je m’approprie.
Crépite le ticket de caisse dans mes rêves la nuit.
Et je renais chaque jour, cupide d’une plus-value
Somptuaire ridiculisant tous les plus grands crus,
Et ravissant mon alter ego, radieuse carte de crédit.
Du berceau aux cendres, ma vie sera frénésie
De possessions de précellence tant convoitées.
Je ne veux être et exister que prêt à consommer,
Car sans avoir mon moi resterait misérable hérésie.
Le 31 octobre 2007
25 ! C’est le nombre de suicides enregistrés chez France Télécom – Orange (FTO) depuis février 2008. Le dernier en date remonte à la semaine dernière. “Pressions, stress excessif, méthodes de management douteuses, objectifs irréalisables” tels sont certains des arguments invoqués par les salariés et syndicats, dont la colère ne retombe pas, dans leur combat en faveur de l’instauration d’un réel dialogue avec leur direction. Objectif visé ? L’établissement pérenne de meilleures conditions de travail.
Dans cette perspective, les 102 000 salariés de l’opérateur téléphonique se sont vus adresser hier un questionnaire sur leurs souffrances au travail. Par cette consultation sans précédent, chaque salarié aura donc l’occasion d’exprimer son sentiment face à sa situation et au malaise galopant au sein de son entreprise.
Qu’en est-il du grand public ? Spectateur muet de la spirale infernale des suicides et d’un dialogue social qui piétine jusqu’à ce jour, la population ne peut demeurer insensible au climat délétère régnant chez France Télécom – Orange. Quel regard porte-t-elle alors sur le quotidien des salariés de FTO et soutient-elle leur action ?
En tant que client de l’entreprise, consommateur de téléphonie mobile ou bien simple citoyen, vous avez forcément une opinion. C’est pour tenter de répondre à cette question que j’ai décidé de lancer le sondage suivant auprès du grand public. Merci d’avance pour votre participation.
Nota Bene: suite à un problème technique indépendant de ma volonté, le sondage en cours (démarré le 20/10/09) a été interrompu et réinitialisé (le 21/10/09, à 23h00 – heure de Paris). Les personnes ayant déjà donné leur avis sont invitées à revoter. Merci pour votre compréhension.
La misère a-t-elle un visage ? Non. La misère porte-t-elle un nom, reflète-t-elle une couleur, lui connaît-on un âge ? Non plus. Est-elle le pénible apanage de certains, le sournois fardeau strictement réservé à ceux à qui souvent on prête les vulgaires surnoms de « clochard », « crève-la-faim », ou encore « va-nu-pieds » ? Non et encore Non.
La misère ne possède ni carte d’identité ni adresse. Elle est universelle. Elle n’est pas simplement crue et cruelle sur le pavé. Elle se cache aussi dans le ventre des immeubles. Elle n’est pas uniquement cette main tendue qui appelle la pièce, elle est aussi cousue par les baguettes des politiques étatiques, elle est en gestation dans les cordons de la bourse.
Elle isole, elle affame, elle exclut. Elle affole, elle condamne, elle tue. Oui, la misère est une extraordinaire mercenaire qui fait plier chaque homme qu’elle frappe. Tel un bourreau social elle brise les liens d’avec la vie des hommes. Pourtant, toute scélérate qu’elle est, jamais la dignité de l’Homme elle ne parvient à ôter.
« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. » Père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart Monde, le 17 octobre 1987.
Vingt-deux ans plus tard, cette célèbre exhortation n’a malheureusement pas pris une ride. La misère existe toujours… Parce que nous la tolérons. S’unir, se rassembler autour de projets et d’événements pour faire disparaître ce fléau sans jamais céder au cynisme ni à l’éreintement est un combat de vie, celle de l’Humanité.
Ce 17 octobre 2009, comme chaque année, ATD Quart Monde organisait une journée d’animation à travers le monde. A Paris, fidèle à la tradition, le parvis des Droits de l’Homme s’est fait l’hôte d’un jour pour dire non à la misère.
Plus d’un millier de personnes, anonymes, bénévoles d’associations, responsables politiques et personnalités étaient rassemblées. Leur but : répéter, marteler, une nouvelle fois, leur refus inconditionnel de toutes les formes de misère. Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités Actives et à la Jeunesse et Stéphane Hessel, résistant, grand défenseur des droits de l’Homme étaient notamment présents. Cette année, la mobilisation était placée sous le signe de l’enfance en vue de la célébration à Genève le 20 novembre prochain des 20 ans de la Convention des Droits de l’Enfant. C’est donc la chorale des Enfantastiques qui a donné le tempo tout au long de l’après-midi.
Pour revivre l’événement, je vous propose un petit reportage audio (7′40”) avec notamment une interview de Martin Hirsch que j’ai réalisée à l’issue de la manifestation.
A l’heure où Wall Street s’apprête à verser la modique somme de 140 milliards de dollars de bonus à ses traders, rappelons qu’en 2008, près de la moitié de l’Humanité, soit trois milliards de femmes et d’hommes vivaient avec moins de 2 dollars par jour. En France selon l’INSEE 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, parmi lesquels 30% d’enfants.
Face à l’extrême pauvreté, efforçons nous sans relâche de ne jamais laisser l’érosion de l’indifférence gagner nos esprits. Car alors la misère de nos cœurs nous avilirait totalement.
Le 16 octobre est un triste anniversaire. Celui des 36 millions de ventres creux qui à jamais s’éteignent chaque année. L’incrédulité peut facilement gagner les esprits tant les chiffres paraissent incommensurables. Pourtant, la réalité est sans équivoque: 100 000 personnes meurent chaque jour de la faim estime le CCFD-Terre Solidaire.
Les émeutes de la faim qui ont secoué un certain nombre de capitales africaines en 2008 ont sonné comme un cri d’alarme, un appel au secours d’un sixième de l’Humanité affamée à la planète entière et plus particulièrement aux pays qui tiennent les rênes du commerce mondial. Depuis, la crise économique a deversé son lot de plaies sociales aux Nord et la situtation de ceux pour qui, au Sud, manger est un luxe, ne s’est pas améliorée.
De fait, pour la première fois en 2009, plus d’un milliard d’êtres humains souffrent de malnutrition chronique annonçait il y a quelques mois la FAO. Chiffre d’autant plus éloquent lorsque l’on sait que la planète pourrait valablement nourrir 12 milliards d’individus. Alors indiscutablement, la faim n’est pas une fatalité, loin s’en faut. Parvenir à conjuguer les souffrances de cette tragédie au passé n’est donc pas une gageure aux allures de tonneau des Danaïdes. Où se situent alors les verrous à l’effectivité d’un droit à l’alimentation universellement respectée ? Principalement au niveau de la volonté politique et de l’agenda économique des pays du monde dont les escarcelles financières sont les mieux remplies et les plus excitées…
Face au scandale de la faim, qui n’est en d’autres termes que la résultante d’un système méticuleusement façonné par les politiques économiques des Etats riches, le CCFD-Terre Solidaire agit. L’ONG lance une campagne de sensibilisation intitulée “Les recettes du scandale”. Placée sous le thème du droit à l’alimentation, la campagne dénonce sur un ton à la fois pragmatique et décalé cette situation et propose une série de recommandations concrètes à l’endroit des décideurs politique et économique pour mettre un terme au fléau de la faim.
Dans ce cadre, le CCFD-Terre Solida
ire organisait hier devant l’opéra Garnier à Paris une flash mob (mobilisation éclair) à laquelle ont participé plus d’une centaine de personnes toutes de noir vêtues et munies d’une assiette vide. Allongées sur les marches de l’opéra, elles ont simulé la mort des 100 000 vies qui disparaissent chaque jour faute de pouvoir remplir leur assiette.
Ambroise Mazal est chargé de mission « souveraineté alimentaire » au CCFD-Terre Solidaire, je lui ai posé quelques questions pour mieux comprendre les enjeux de la campagne.
Pourquoi cette campagne et quels en sont les objectifs ?
Comment faire appliquer vos recommandations ?
Les Accords de partenariat économique et la souveraineté alimentaire.
Le manque de volonté politique et l’agenda économique des pays riches, une fatalité ?
Un exemple de succès contre la faim au Malawi.
Parmi les participants, Claire et David témoignent à mon micro.
Pourquoi participez-vous à cette flash mob ?
Une campagne aux recommandations ambitieuses, quels espoirs de les voir appliquées ?
Enfin, voici le spot radio de la campagne avec la voix de Thierry Lhermitte.
Le 16 octobre est la journée mondiale de l’alimentation. Pourquoi ne pas profiter de cette journée pour faire le choix de désormais nous nous nourrir d’un peu plus d’informations qui donnent du sens à notre humanité et qui nous donnent envie d’agir contre un scandale qui tue quotidiennement presque l’équivalent d’une ville française comme Perpignan ?
La paix souffle sur ce jeune blog, c’est de bon augure ! J’en profite alors pour poster un poème sur ce thème que j’ai écrit le mois
dernier. La paix est un bien précieux, inestimable. Un trésor dont on ne découvre bien souvent l’infinie valeur que lorsqu’il est attaqué ou menacé. Parce que la paix est notre bien à tous, rappelons nous qu’il n’appartient à nul autre que nous de la préserver au quotidien.
Derrière la paix
La paix s’étiole partout où l’humain recule,
La paix s’épuise chaque fois que l’amour on accule.
Derrière cette paix, derrière notre paix, respirent…
L’étendard de la liberté entaché d’or noir
La croissance effrénée envoyant l’être au pressoir
Les mers évaporées en interminables déserts
L’asphyxie commanditée des poumons verts de la Terre
Les enfances volées, les enfants violés
Les femmes châtiées, les mères torturées
Les anciens, dits séniles, oubliés avant la mort
Et les humains, marchandises, simples faiseurs d’or
Les droits de l’homme piétinés, dévoyés
Le racisme, infatigable braise du rejet
La justice souillée, parodiée, emprisonnée
Les messagers de l’information finement muselés
La paix s’étiole partout où l’humain recule,
La paix s’épuise chaque fois que l’amour on accule.
Derrière cette paix, derrière notre paix, s’agitent…
La guerre des moi et la rhétorique du meilleur
Le culte de l’avoir comme source du bonheur
Le matérialisme dévorant les décennies de notre ère
Et les usines d’armes crachant avant de trouer la chair
Le fanatisme des esprits éclos de l’odieuse pauvreté
La soif du pouvoir qui annihile la Raison, condamnée
Le regard couard détourné devant l’indigence,
La politique de l’ignorance, la religion de l’indifférence
L’adoration sectatrice du néo-divin, Seigneur argent,
Les thuriféraires fiduciaires, apostats de la foi du Dieu aimant
Le sens de l’Histoire, qu’amnésiques volontaires, on oublie
Le futur des mémoires, que l’on dépose, ravis sur le tapis
La paix s’étiole partout où l’humain recule,
La paix s’épuise chaque fois que l’amour on accule.
Derrière cette paix, derrière notre paix, s’excitent…
Les railleurs de poésie, apôtres du platine et du velours
Les frasques prédatrices des hermétiques à l’amour
La verve acérée des détracteurs d’espérance
Les cols apprêtés des démiurges de la déshérence
Derrière la paix, une armée de fossoyeurs d’humanité
Lissent leur canon et affûtent leur baïonnette assoiffée
C’est pourquoi je veux et je vais crier à chaque heure
Et murmurer aux creux des oreilles de tous les cœurs
Que derrière la paix,
Il y a toi, il y a moi, il y a eux, en somme il y a nous,
Autant de loups si l’on oublie que l’Amour est Tout.
Le 18 septembre 2009
Comme pour la nage, en matière de blogging il ne faut pas hésiter à se mettre à l’eau pour faire ses classes ! J’ai donc décidé de vous présenter, très brièvement, la ligne éditoriale de mon blog au son ma voix.